La "transformation bleue" de la FAO en action : Comment les cages d'aquaculture offshore deviennent-elles un pilier essentiel ?
Dans un contexte de croissance démographique mondiale et de défis concomitants en matière de sécurité alimentaire, la stratégie de "transformation bleue" de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) fait passer l'offshore et la mariculture du stade de l'exploration exploratoire à celui de la production courante. Cet article analyse les fondements de cette stratégie et, en s'inspirant des pratiques de pays comme la Chine et la Norvège, explore des voies pratiques pour le développement industriel.
Le noyau stratégique de la "transformation bleue" de la FAO : S'approvisionner en protéines en haute mer
Le rapport La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture 2024 de la FAO identifie sans équivoque l'aquaculture comme le secteur de production alimentaire qui connaît la croissance la plus rapide au niveau mondial. L'essence de la "transformation bleue" est d'orienter les systèmes alimentaires aquatiques vers plus d'efficacité, d'inclusivité, de résilience et de durabilité. Dans ce cadre, le développement de l'aquaculture en mer et de la mariculture est reconnu comme une mesure essentielle pour atténuer la pression environnementale sur les zones côtières, étendre les limites de la production et garantir l'approvisionnement en protéines animales de haute qualité.
La logique est claire et urgente :
Demande spatiale : Les eaux côtières propices à l'agriculture sont de plus en plus saturées et concurrentielles.
La demande environnementale : Les eaux libres de la haute mer bénéficient d'un échange d'eau complet, ce qui facilite la diffusion et la dilution des déchets agricoles. Cela permet de réduire efficacement la charge environnementale et d'améliorer la santé des poissons.
Demande d'échelle : Pour répondre aux besoins futurs, il est nécessaire d'ouvrir de nouveaux "greniers alimentaires bleus" évolutifs.

Pratiques mondiales : Des fjords norvégiens à la mer Jaune de Chine
La stratégie est en train de passer de l'ébauche à la réalité. Deux modèles représentatifs offrent des voies distinctes :
1. Le modèle norvégien : L'élevage industriel de cages en eaux profondes grâce à l'excellence technologique
La Norvège a fait de l'élevage du saumon de l'Atlantique dans des cages en eau profonde un pilier de l'industrie nationale. Il s'agit essentiellement d'utiliser de grandes cages en acier résistant aux tempêtes, des systèmes intelligents d'alimentation et de surveillance, ainsi qu'une chaîne industrielle hautement intégrée pour la production à grande échelle dans les eaux libres de la mer du Nord. Le gouvernement guide l'expansion ordonnée et durable de l'industrie dans les zones offshore par le biais d'un système strict d'octroi de licences et d'une planification systématique de l'espace marin. L'expérience de la Norvège démontre que des investissements technologiques importants et des normes environnementales strictes peuvent coexister et créer des résultats à forte valeur ajoutée.
2. Le modèle chinois : Construction de "ranchs marins" à l'aide d'équipements
La Chine fait progresser les pratiques de mariculture en haute mer, notamment en mer Jaune et en mer de Chine méridionale, en construisant de très grands navires aquacoles intelligents (par exemple, le "Guoxin 1") et des plateformes d'élevage en eau profonde entièrement submersibles (par exemple, le "Shenlan 1"). Ces "ranchs marins mobiles" ou plates-formes fixes peuvent résister aux typhons et à d'autres conditions maritimes difficiles, ce qui permet d'élever tout au long de l'année des espèces de grande valeur telles que le crochet jaune et le saumon. Cette approche permet de s'affranchir des contraintes géographiques et climatiques grâce à des innovations majeures en matière d'équipement, afin de créer activement un environnement d'élevage contrôlé.

Les voies de l'action des entreprises : Comment participer à la "transformation bleue" ?
Face à cette vague, les entreprises ne doivent pas rester de simples observateurs. Les voies suivantes sont disponibles :
1. Intégration des technologies et innovation adaptative
Apprendre, mais ne pas se contenter de copier. Il est essentiel de mener une R&D adaptative localisée sur les structures des cages, les systèmes d'amarrage et les protocoles d'élevage en fonction des conditions hydrologiques, biologiques et climatiques des eaux ciblées. Par exemple, dans les régions sujettes aux typhons, il est primordial de concevoir des structures résistantes aux tempêtes et de mettre en place des plans d'évacuation en cas d'alerte précoce.
2. Adopter la pensée systémique
L'aquaculture en mer ne consiste pas simplement à "déplacer des cages vers la mer". Elle exige des entreprises qu'elles possèdent des capacités d'intégration des systèmes : une planification holistique sur l'ensemble de la chaîne, depuis la sélection et l'acclimatation des semences, la fourniture d'aliments respectueux de l'environnement, les opérations automatisées à distance, jusqu'au transport des poissons vivants et à la logistique de la transformation. Le modèle "relais terre-mer" (RAS pour l'élevage des alevins + mer ouverte pour le grossissement) devient un choix efficace pour atténuer les risques et améliorer l'efficacité.
3. Engagement proactif dans l'élaboration des règles
L'aquaculture en mer est soumise à des réglementations complexes concernant l'aménagement de l'espace marin, l'évaluation de l'impact sur l'environnement et la certification des produits. Les entreprises leaders devraient collaborer de manière proactive avec les instituts de recherche et les services gouvernementaux pour participer à l'élaboration des normes du secteur, des meilleures pratiques et même des réglementations locales. Cela ouvrira la voie à un développement sain de l'industrie tout en établissant des avantages pour les pionniers.

Conclusion :
La "transformation bleue" préconisée par la FAO a ouvert une fenêtre d'opportunité historique pour l'aquaculture en cage au large des côtes. Il ne s'agit pas seulement d'une expansion de l'espace de production, mais aussi d'une modernisation complète de la technologie, de la gestion et des modèles de coopération. Le succès appartiendra aux entreprises capables de comprendre en profondeur l'océan, de concentrer leurs efforts sur l'innovation technologique durable et de construire un écosystème de chaîne industrielle solide. Cette frontière bleue est pleine de défis, mais elle est encore plus riche en potentiel d'avenir.

