Résumé : Les effluents rejetés par les systèmes d'aquaculture en circuit fermé (RAS) sont riches en nutriments tels que l'azote et le phosphore. S'il n'est pas géré correctement, il devient un polluant ; son traitement pour répondre aux normes de rejet est souvent coûteux. Un projet récent de l'institut norvégien Nofima a permis de recadrer ces effluents et d'en faire une ressource précieuse, en les utilisant avec succès pour cultiver l'algue rouge comestible Palmaria palmata (Dulse), d'une grande valeur. Il s'agit là d'une nouvelle approche pour les RAS, qui permet de réaliser un "recyclage interne" et d'obtenir une valeur ajoutée.
Points forts de la recherche : Les scientifiques ont utilisé les effluents d'un RAS de saumon terrestre pour tester leurs effets sur la croissance des algues rouges à différentes concentrations. Les résultats ont révélé qu'un mélange 50% d'effluents de RAS et d'eau de mer offrait les conditions de croissance optimales pour les algues rouges, tout en atteignant la plus grande efficacité d'élimination de l'ammonium et du nitrate. Cette découverte permet d'identifier l'équilibre idéal entre l'apport de nutriments provenant des eaux usées de l'aquaculture et la tolérance à la croissance des algues.
Double valeur : économique et écologique
Clear Input-Output Ratio (rapport entrée-sortie) : L'étude indique que, dans des conditions expérimentales, environ 257 grammes d'algues rouges fraîches peuvent être produites pour chaque kilogramme d'aliments pour poissons consommés. Cela constitue une base directe pour la mise à l'échelle d'un système complémentaire de production d'algues.
Produit de grande valeur : Palmaria palmata est très apprécié en Europe en tant que superaliment, consommé directement dans les salades ou en tant qu'assaisonnement. Son prix de marché est nettement plus élevé que celui des ingrédients conventionnels pour l'aquaculture.
Avantages pour l'environnement en circuit fermé : Les algues absorbent les nutriments, ce qui réduit directement la charge de traitement et les coûts associés aux effluents. En outre, leur processus de croissance séquestre le dioxyde de carbone, réduisant ainsi l'empreinte carbone globale du système d'aquaculture.
Comparaison des modèles : Traitement traditionnel vs. utilisation des ressources

Perspectives du secteur : Les chercheurs norvégiens soulignent que, si l'on se base uniquement sur la consommation annuelle de 100 000 tonnes d'aliments par l'industrie norvégienne du saumon terrestre, les nutriments présents dans ses effluents pourraient alimenter une importante industrie des algues. Cette constatation met en évidence un potentiel important : Les installations de RAS pourraient se transformer en "centres de production combinée de protéines et de plantes à haute valeur ajoutée".
Principaux points d'application pour les exploitations agricoles :
Analyse de faisabilité : Dans un premier temps, testez la teneur en nutriments spécifiques (par exemple, les niveaux d'azote et de phosphore) de votre propre effluent RAS afin d'évaluer s'il convient à la culture de l'espèce d'algue ciblée.
Sélection du processus : Envisager les technologies de bioréacteurs référencées dans la recherche, telles que la "culture continue" ou la "culture par perfusion", en fonction du budget d'investissement et du niveau d'automatisation souhaité.
Le marché d'abord : Avant d'investir dans la technologie, il convient d'étudier l'acceptation des algues comestibles par le marché local ou cible et d'identifier les canaux de vente potentiels afin de garantir la viabilité économique du projet.

